Résidence artistique

En instaurant des résidences artistiques, Joe Jack et John souhaite élargir la portée de son mandat en invitant un·e artiste vivant avec un handicap à initier et diriger une création de son cru.

Ces résidences témoignent d’une posture politique unique. En confiant le pouvoir à un·e artiste en situation de handicap intellectuel, Joe Jack et John poursuit sa recherche sur des esthétiques et des paroles marginalisées. La compagnie désire également développer des modèles et des processus créatifs interdépendants, permettant l’émergence de discours ignorés parce que ne faisant pas partie des courants artistiques dominants. Elle remet ainsi en question la hiérarchie des esthétiques et continue à démonter les biais et les préjugés envers la valeur d’artistes évoluant hors de la norme établie.

L’accompagnement humain, logistique et artistique mis en place par la compagnie vise à permettre l’émergence de paroles intègres et libres, de même que la naissance des singularités esthétiques de chaque artiste, jusqu’à la diffusion des œuvres dans des espaces professionnels.

L’accueil d’artistes en résidence a conduit Joe Jack et John à établir un nouveau rôle au sein de ses équipes artistiques, soit celui d’allié·e créatif·ive (de l’anglais « creative enabler », expression inventée par Graeae Theatre, Londres). L’allié·e créatif·ive est un·e travailleur·se de soutien ayant des compétences et expériences dans le domaine correspondant à la pratique de l’artiste en résidence. L’artiste peut ainsi faire appel à son allié·e afin de faciliter l’expression de ses idées artistiques et l’exploration de divers matériaux créatifs. Le rôle d’allié·e est flexible et s’adapte aux besoins spécifiques de chaque artiste afin de soutenir sa pratique et de favoriser l’accessibilité professionnelle. Pour l’allié·e créatif·ve, le respect de la limite entre le soutien aux idées de l’artiste et son propre apport créatif exige rigueur et intégrité. Cette définition de l’allié·e créatif·ive est inspirée des réflexions de Michael Achtman dans l’article How Creative Is the Creative Enabler, publié dans le magazine Alt.theatre, volume 11.3.

MICHAEL NIMBLEY

Michael Nimbley, qui a collaboré à quatre des productions de Joe Jack et John, est le premier artiste en résidence de la compagnie; il développe depuis 2018 son projet Les waitress sont tristes.

Cette œuvre suit le parcours à contre-courant de l’ordre établi d’un homme nomade dans un univers labyrinthique. Autour de lui gravitent des waitress, qui se demandent perpétuellement “Why are we sad? Why are we mad?” Fuites et musique semblent être les bouées de sauvetage de ces personnages répétant sans cesse les mêmes gestes.

Western contemporain, Les waitress nous fait visiter (et revisiter) une montagne, un bar, des histoires de chats en état d’ébriété, des souliers, des souvenirs, une voie ferrée et de la danse en ligne, le tout sur un air de John Denver.

La production est prévue pour la saison 2021-2022.

Idéation, co-mise en scène et performance Michael Nimbley
Alliée créative, co-mise en scène et scénographie Catherine Bourgeois

EDON DESCOLLINES

L’artiste Edon Descollines travaille avec Emma-Kate Guimond sur une courte forme multidisciplinaire alliant performance, spoken-word, danse et vidéo.

Le magasin ferme. La porte est fermée. Les lumières aussi. Et elles le resteront. Depuis 1997, chaque fois qu’un magasin annonce sa fermeture, le cœur d’Edon se serre. Il achète alors compulsivement chez le·la commerçant·e en perte de vitesse, une façon d’exprimer son empathie et de garder un souvenir d’une réalité vouée à disparaître.

Derrière la fermeture des magasins se cache selon Edon un géant virtuel qui génère les faillites : Internet. Qui sont ces vendeurs qui prennent alors le relais sur le Web ? Sont-ils aussi sympathiques que les commerçant·e·s déchu·e·s ? Devenons-nous trop dépendant·e·s de la technologie ? Notre futur sera-t-il géré par des machines ?

À travers leur recherche, Edon et Emma-Kate explorent la nostalgie et l’enfance, cette époque où le magasin était le lieu des rencontres, des possibles, des échanges. Ils font une balade dans la mélancolie et la tristesse du quotidien, en portant un regard parfois inquiet, parfois curieux vers le futur. Devant l’impossibilité de contenir l’immensité de leur énergie créative, le duo travaille par accumulation et par contamination, en lançant des slogans à tue-tête : « On en a ras le bol ! On ne s’en fiche pas ! » 

Idéation, co-création et performance Edon Descollines
Alliée créative, co-création et performance Emma-Kate Guimond