Mandat
Joe Jack et John crée et diffuse des œuvres théâtrales engagées et innovantes, façonnées à même une écriture collective et des équipes inclusives, dont des artistes professionnel·le·s de la diversité fonctionnelle, notamment neurodivergent·e·s ou en situation de handicap intellectuel. Joe Jack et John travaille le lien entre le théâtre et la vie, comme si l’un était le prolongement de l’autre, une manière de l’interroger, de la fouiller et, surtout, d’y prendre part.
La compagnie a développé depuis vingt ans des processus de création à la fois accessibles et éthiques, qui privilégient l’interdépendance, l’autodétermination et l’écriture de plateau afin de faire émerger des paroles libres et intègres destinées à des publics diversifiés. Des questions d’actualité, ou ayant une résonance avec notre contemporanéité, sont au cœur des œuvres. Joe Jack et John permet ainsi l’éclosion d’un théâtre qui renouvelle la manière dont on se perçoit et se raconte.
Ses valeurs humanistes se traduisent par des principes qu’elle défend avec ferveur et influencent les modes de création, de production et de diffusion de la compagnie ; ses équipes tricotées serrées collaborent avec lenteur, bienveillance et humour.
Historique
Pour l’historique des productions, se référer à la section Archives de JOE CRÉE
En octobre 2003, Catherine Bourgeois cofonde Joe Jack et John avec le désir de faire un théâtre engagé, performatif et percutant. De 2003 à 2009, elle est appuyée à la codirection par Amélie Dumoulin, avec qui elle réalise les quatre premières productions de la compagnie. Ensemble, elles développent le fondement de l’écriture scénique qui caractérise l’œuvre de JJJ. Dès la production de Quand j’étais un animal (manuel de taxidermie) (2004), elles explorent les possibilités d’une distribution inclusive, de la cocréation et de l’écriture collective. Naît alors une signature esthétique inédite, tissée de voix singulières. Le tandem centre également sa création autour de thèmes à résonances sociales, comme Go shopping [et fais le mort], présenté à La Chapelle en 2006, qui parlait du deuil et faisait écho aux paroles lancées par George Bush au lendemain du 11 septembre. Elles expérimentent aussi la production in situ avec Ce soir l’Amérique prend son bain, au Bain Mathieu en 2005, et Mimi (myself et tous ceux qui me regardent), présenté dans un loft semi-industriel du quartier Mile-End en 2009. Dès lors, tant les thèmes s’inspirant de l’actualité que la production in situ apparaissent comme des choix artistiques forts, de par le renouvellement de l’aventure théâtrale et de la proximité qu’elles créent avec le public.
À la fin de la saison 2008-09, Amélie Dumoulin quitte la codirection et est remplacée par Jean-Pascal Fournier. Ainsi débute le cycle de création de Just fake it (Théâtre Aux Écuries, 2011) qui mènera JJJ à s’établir de manière significative dans le paysage artistique montréalais. . Le rayonnement de l’œuvre et les distinctions reçues (Prix LOJIQ-francophonie de la Bourse RIDEAU 2012, Prix Janine Sutto 2013, Meilleure mise en scène et Meilleur acteur pour Michael Nimbley au Gala des Cochons d’or 2012) permet aussi à la compagnie de voyager et de présenter son travail sur des scènes régionales, nationales et internationales, notamment à Vancouver, Berlin et Liège. C’est au cours de cette même période que JJJ met sur pied Les Lundis théâtre, un projet de médiation auprès de jeunes adultes ayant la trisomie en partenariat avec le Regroupement pour la trisomie 21 (RT21). En 2012, Jean-Pascal quitte la direction artistique afin de réorienter sa carrière dans le domaine des arts visuels.
Dès lors, Catherine assume seule la direction générale et artistique de la compagnie. Poursuivant la démarche établie depuis les débuts, elle s’entoure alors de fidèles collaborateur·ice·s artistiques afin de développer et créer des œuvres qui participent à la reconnaissance grandissante envers le travail de la compagnie. Il y a eu AVALe (Théâtre Aux Écuries, 2014) puis je ne veux pas marcher seul (in situ/Aux Écuries, 2015) et Abîmés – quatre courtes pièces de Samuel Beckett (Théâtre Denise-Pelletier, 2016 et en tournée en Normandie, 2017).
Dis merci (Espace Libre, 2018), huitième création de la compagnie, bénéficie d’une visibilité sans précédent et amène la compagnie au Theatre Centre (Toronto), au Centre national des Arts (Ottawa), au Cercle Molière (Winnipeg), à Mainz (Allemagne), en plus de nombreuses dates au Québec et dans le grand Montréal. Au total, il y aura eu 50 représentations de cette tragi-comédie sur l’accueil de réfugié·e·s et le vivre-ensemble, avant que la pandémie mette terme à la diffusion de l’œuvre.
En 2018, JJJ inaugure un programme de leadership artistique qui permet l’accueil de créateur·ice·s neurodivergent·e·s dans les postes-clés de la création. À l’hiver 2020, la compagnie emménage avec fierté dans un bureau tout neuf à Espace Libre, en tant que compagnie résidente. C’est alors l’occasion d’améliorer l’accueil de ses artistes en résidence : Michael Nimbley, qui développe un western contemporain suivant les traces de Morrison, son alter égo ; puis Edon Descollines qui débute dès 2020 une œuvre déambulatoire laissant découvrir l’humanité méconnue des magasins et autres lieux de consommations. Après un hiatus pandémique, la compagnie produit et diffuse les œuvres des artistes-résidents, soit Le magasin ferme (MAI (Montréal, arts interculturels), 2021) d’Edon Descollines et Les Waitress sont tristes (Espace Libre, 2022) de Michael Nimbley.
En mai 2021 à Espace Libre, JJJ présente VIOLETTE, une œuvre hybride entre théâtre et réalité virtuelle, qui propose aux spectateur·rice·s reçu·e·s individuellement par Violette un conte onirique et intimiste abordant l’abus et le consentement. Cette œuvre a été finaliste du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal 2021.
Au printemps 2023, l’œuvre Cispersonnages en quête d’auteurice a l’honneur d’être présentée lors du Festival TransAmériques à Montréal, suivi d’une co-diffusion à Espace Libre en 2024. Cette comédie grinçante aborde de front les questions soulevées par notre société en quête d’inclusion : appropriation, consentement, privilège, culture de l’annulation, etc. JJJ vise ainsi à faire rire, réfléchir et ajouter son grain de sel inclusif. L’œuvre sera en tournée lors de la saison 2024-2025 (voir le CALENDRIER DE JOHN pour plus de détails).
Photos : Julie Rousse, Frédéric Bouchard, Glauco, Adrienne Surprenant, Frédérique Ménard-Aubin, Catherine Aboumrad, Charles Lafrance.
